Dans le hadith communément connu, il a été rapporté
que le prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit,
« Les enfants d’Israël se sont divisés en soixante-douze sectes, et ma oumma se divisera en soixante-treize sectes, qui seront toutes dans le feu
exceptée l'une d'entre elles. »
Ils ont demandé, « Quelle est celle-ci, ô Messager d'Allah ? »
Il a dit, « la voie que moi et mes compagnons suivons. »
Le hadith est relaté par at-Tirmidhi, qui l'a classifié comme hadith hasan, et par Abu Dawud. Certains savants n'ont pas accepté le hadith, parce qu'aucune de ses narrations prise
individuellement n'est authentique, alors que d'autres ont considéré le grand nombre de narrations comme une preuve suffisante de l'exactitude du hadith. De toute façon, sa signification
générale est confirmée par des preuves authentiques :
« Mais ils ne cesseront pas de diverger, exceptés ceux sur qui est la miséricorde de Ton seigneur. » [Sourate Hud]
« Quiconque parmi vous vivra longtemps, verra beaucoup de divergence d'opinions. Ainsi, vous devez suivre ma sunna, et la sunna des Califes Bien-Guidés
après moi. Accrochez vous à eux avec vos mâchoires, et prenez garde aux affaires innovées, car toute innovation est un égarement. » [les 40 ahadith d'an-Nawawi]
Les différences dans la oumma sont ainsi blâmables, et les différences dont il
est question ici sont les différences dans les fondements. Il existe en effet des divergences d'opinion légitimes, qui sont les différences dans les branches. Des exemples abondants de ces
dernières peuvent être trouvés dans les verdicts jurisprudentiels des grands savants de Ahlus-Sunna wal-Jama`a. Ils se sont tous accordés sur les principes fondamentaux, mais sont arrivés à
différents verdicts sur certaines questions plus secondaires. De telles différences ne sont pas répréhensibles, parce que le prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) a promis la
récompense aux mujtahids qui exercent leurs efforts afin d'arriver à un verdict :
« Quand un juge donne un verdict, et qu'il a donné le meilleur de lui-même (pour tenter d'atteindre la vérité), mais qu'il se trompe, il obtient une
simple récompense, alors que s'il a raison, il obtient deux récompenses. » [Riyad as-Salihin]
Les différences répréhensibles sont ainsi celles dans les sujets tels que Tawhid, la récompense et la rétribution, le destin et le libre-arbitre, le pré-agengement, les noms et attributs
d'Allah, la prophétie, la justice et d'autres questions similaires sur lesquelles le groupe sauvé, Ahlus-Sunna wal-Jama`a, s'est accordé.
Premiers
Désaccords
Les divergences dans la oumma sont apparues très
tôt après la mort du prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix). Jusqu'à là, la oumma avait été unie à la fois dans les principes fondamentaux et les branches secondaires, car les
musulmans avaient directement recours au Prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui-même pour résoudre tous les désaccords qui avaient lieu. La première différence s'est
produite au moment de la mort du prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix). Certains ont cru qu'il n'était pas mort, mais qu'Allah l'avait élevé dans le ciel, tout comme il avait
élevé Jésus. La différence a été apaisée par Abu Bakr, qui a récité aux gens le verset, « Tu mourras, et ils mourront. »
[Zumar:30] et leur a dit, « Celui qui adorait Muhammad, alors Muhammad est mort, et celui qui adore le seigneur de Muhammad, alors Il vit et ne meurt
pas. »
Puis, ils ont divergé concernant l'endroit où le prophète (qu'Allah le bénisse
et lui accorde la paix) devait être enterré. Les gens de Makka voulaient le ramener à Makka, puisque c'était le lieu où il était né et où il avait reçu la prophétie, ainsi que l'emplacement
de la tombe de son ancêtre Isma`il, et la direction de la qibla. Les gens de Madina voulaient l'enterrer dans Madina même, puisque c'était la destination de son émigration et la patrie de ses
Alliés (les Ansar). D'autres pensaient qu'il devrait être amené à Jérusalem et être enterré là-bas, à côté de son ancêtre Ibrahim (la paix soit sur lui). Une fois de plus, c'est Abu Bakr qui
a résolu le problème. Il a relaté le hadith, « Les prophètes sont enterrés là où ils meurent. » Ainsi, ils l'ont enterré dans sa chambre
à Madina.
La divergence suivante concernait la direction de l'état. Les Ansar voulaient faire allégeance à Sa`d ibn `Ubada al-Khazraji, alors que les Quraysh disaient que la direction devait revenir
aux Quraysh. Les Ansar se sont soumis quand on leur a rapporté le hadith, « Les dirigeants sont de Quraysh. » Ensuite, ils ont divergé
concernant l'héritage de la terre de Fadak. C'était un morceau de terre que le prophète avait acquis comme forme de butin, et qu'il avait gardé durant sa vie. Quand il est mort, `Ali
(qu'Allah soit satisfait de lui) a dit que le prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) l'avait assignée à Fatima (qu'Allah soit satisfait d'elle) quand il était encore vivant.
Al-`Abbas a rejeté cela. Une fois de plus, c'est Abu Bakr qui a émis le jugement, déclarant qu'on ne pouvait pas en hériter en raison du hadith, « Les
Prophètes ne laissent pas d'héritage. » Plus tard, après la mort d'Abu Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), `Umar a permis à al-`Abbas et à `Ali de s'occuper de la terre,
mais pas de la posséder.
Les premiers musulmans ont également divergé au sujet de la ligne de conduite à adopter contre les gens qui refusaient de payer la Zakat. Abu Bakr était en faveur de les combattre jusqu'à ce
qu'ils paient. `Umar était en désaccord, citant le hadith, « On m'a ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre
divinité qu'Allah, et que Muhammad est le messager d'Allah, et [jusqu'à] ce qu'ils établissent la salat et donnent la zakat. Puis, s'ils font cela, ils ont protégé leurs vies et leurs
propriétés de moi, sauf dans le cadre de la justice islamique, et leur jugement est à Allah, le Puissant, le Majestueux. » Il a avancé que les vies de ces personnes étaient
sacrées parce qu'ils avaient dit « La ilaha illallah ». Abu Bakr a répondu, « Je lutterai sans
aucun doute contre ceux qui font une distinction entre la salat et la zakat. » Par la suite, `Umar est également parvenu à voir la vérité dans la position d'Abu Bakr.
Après ceci, les compagnons ont été occupés à combattre Tulayha ibn Khuwaylid al-Asadi, qui avait apostasié, mais qui plus tard est revenu à l'Islam au temps de `Umar. Il s'est repenti, et a
participé aux batailles de Qadisiyya, et de Nahawand, où il est mort martyr, qu'Allah soit satisfait de lui. Ils ont également combattu Musaylima, le menteur, Saja bint al-Harith et Aswad ibn
Zayd al-`Ansi, qui avaient tous prétendu à la prophétie, ainsi que tous les autres arabes qui ont apostasié après la mort du prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix).
La grande
Fitna
Après ceci, ils ont combattu les romains et les
persans. Ils ont remporté ces batailles, et à ce moment étaient encore unis sur les questions de `aqida. Ils divergeaient seulement sur des questions périphériques de fiqh, telles que
l'héritage d'une grand-mère. Les choses ont continué de cette manière durant les règnes d'Abu Bakr et `Umar, et pendant six années du règne de `Uthman. A ce moment, certains entrèrent en
désaccord avec `Uthman sur certains aspects de son règne, en raison desquels ils en sont venus à l'assassiner. Après son assassinat, les musulmans ont divergé sur la question de savoir quel
devrait être le destin de ses meurtriers. `Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) était d'avis que le Califat devrait être rétabli avant de faire comparaître les meurtriers devant la justice,
puisque la loi, l'ordre et la stabilité sont d'une priorité plus élevée. Mu`awiya (qu'Allah soit satisfait de lui) pensait que des gens qui avaient commis un crime aussi honteux que le
meurtre d'un Calife devaient être amenés à comparaître devant la justice immédiatement, et que la permission du Calife actuel (c-à-d. Ali) n'était pas nécessaire, parce qu'Allah a dit,
« Quiconque est tué injustement, Nous avons donné à son représentant le droit d’exiger réparation. » Les deux étaient des
mujtahids qualifiés, et ils combattaient sur la base du désaccord résultant, et nous ne critiquons donc aucun d'entre eux, bien que `Ali avait raison. On trouvait des Sahaba importants des
deux côtés. Par exemple, `A'isha, Talha et Zubayr étaient initialement du côté de Mu`awiya. D'autres, tels que `Abdullah ibn `Umar, ont choisi de rester neutres. Certains ont également
condamné l'un ou l'autre groupe, voire les deux. Deux batailles, la Bataille du Chameau et la Bataille de Siffin ont eu lieu. Abu Musa al-Ash`ari et `Amr ibn al-`As ont alors été nommés
juges, et les gens ont également divergé dans leur position à leur sujet.
Les
Khawarij
Les Khawarij croyaient que Mu`awiya (qu'Allah
soit satisfait de lui) avait commis le kufr pour avoir combattu le Calife, et que `Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) avait également commis le kufr pour avoir accepter le principe d'un
arbitrage. C'était un groupe religieux très strict qui croyait que tout péché était du kufr. Ils se sont par la suite fragmentés en environ vingt sectes, chacune accusant les autres de
kufr. Les Ibadiyya sont l'une de ces sectes, et certains d'entre eux peuvent encore être trouvés de nos jours en Oman et en Afrique du Nord.
Les
Qadariyya
Puis, dans les derniers temps de l'époque des
Sahaba, a émergé la secte méprisable des Qadariyya, contre laquelle il est rapporté dans une narration (dont l'authenticité est discutable) que le prophète avait mis en garde, en disant, «
les Qadariyya sont les Zoroastriens de cette oumma. » La secte a pour fondateur Ma`bad al-Juhani, et ils sont de ceux qui niaient le destin. Ja`d ibn Dirham, un autre pionnier de cette
secte, a été le premier à affirmer que le Qur'an était créé. Les Sahabah encore en vie à l’époque, parmi eux `Abdullah ibn `Umar, Jabir ibn `Abdullah, Abu Hurayra, `Abullah ibn `Abbas et
Anas ibn Malik`, ont abjuré les Qadariyya. Ils ont enseigné aux gens à ne pas les saluer avec le salam, à ne pas prier sur leurs morts, et même à ne pas rendre visite à leurs
malades.
Les
Mu`tazila
Dans la période des tabi`in, du temps de Hasan
al-Basri plus particulièrement, Wasil ibn `Ata' a émergé avec son concept de « la station entre les deux stations. » Il a affirmé qu'un musulman qui commet un péché majeur n'est plus un
croyant, et qu'il n'est pas non plus un kafir, mais qu'il est dans une station intermédiaire entre le kufr et l'iman, celle du fisq (transgression), et qu'il restera éternellement en enfer.
L'Imam Hasan les a expulsés de son cercle (halaqa), et ils se sont isolés près d'un des piliers de la mosquée. En conséquence, ils ont été connus comme étant « al-Mu`tazila », ce qui
signifie : ceux qui s'isolent. Les Mu`tazila se sont par la suite divisés en vingt sectes différentes, chacune prononçant le kufr contre les autres, dont le point commun était une
insistance exagérée sur l'utilisation de la raison. Ils ont essayé d'interpréter l'Islam à la lumière de la logique de premier ordre. Leurs autres croyances incluaient
:
-
Qu'il est permis, lexicalement, d'attribuer la création des actes aux
êtres humains.
-
Que le Qur'an est créé.
-
Que les attributs d'Allah ne sont pas éternels.
-
L'interprétation des versets allégoriques sans exception, de sorte
qu'ils ont nié que les croyants verront Allah dans l'au-delà.
Bien qu'ils constituent une secte déviante, cela ne diminue pas la valeur de
la totalité de leurs ouvrages, parce que certains Mu`tazila étaient accomplis dans certaines branches des sciences islamiques. Par exemple, az-Zamakhshari, l'auteur de l'exégèse (tafsir)
renommée « al-Kashshaf », était un Mu`tazili, bien qu'on ait rapporté qu'il s'est repenti et a rejoint Ahlus-Sunnah peu de temps avant sa mort, comme on peut l'attendre d'un savant de son
calibre.
Les Jahmiyya
En outre, aux alentours de cette période, ont
émergé les Jahmites, qui sont baptisés du nom de Jahm ibn Safwan. Leurs croyances incluaient :
-
Que l'enfer n'est pas éternel.
-
Que les êtres humains agissent sous la contrainte.
-
La négation des attributs divins.
Les
Batiniyya
Les Batiniyya sont apparus à l'époque du Calife
Ma'mun, avec Hamdan ibn Qirmat et `Abdullah ibn Maymun al-Qadda à leur tête. Ils ne sont pas musulmans. Ils essayent d'établir de bonnes relations avec tout le monde, feignant d'être
d'accord avec eux. Quand ils trouvent du potentiel chez quelqu'un, ils l'invitent à leur religion. Ils croient que la punition en ce monde est quand les musulmans se fatiguent à accomplir
la prière, le jeûne, le Hajj et le Jihad. Ils croient que la prière désigne le fait de suivre leur chef, que le jeûne signifie lui rendre visite et que l'adultère consiste à révéler ses
secrets. Ils autorisent l'inceste et l'homosexualité, et rejettent en fait la shari`a toute entière. Ils sont arrivés au pouvoir et ont causé du mal aux musulmans jusqu'à la période du
calife `Abbaside, al-Muktafi, aux alentours de l’an 300 de l’Hégire.
Les Rafida
"Rawafid" est un terme souvent employé pour désigner ceux qui témoignent de
beaucoup d'amour à l'égard de la Famille du prophète, et c'est dans ce sens que l'Imam ash-Shafi`i a dit, « Si être un Rafidi signifie aimer la Famille de Muhammad, alors que l'ensemble de
l'humanité et des djinns témoigne que je suis un Rafidi. » Cependant, ce terme est habituellement employé avec une connotation négative. Les Saba'iyya, une secte des Rawafid, sont apparus
du temps de `Ali et ont dit à `Ali qu'il était Dieu. `Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) a brûlé vif certains d'entre eux en conséquence. Plus tard, les Rawafid se sont divisés en quatre
groupes : les Zaydites, les Imamites, les Kaysaniyya et les Extrémistes (Ghula). Certaines personnes ont demandé à l'Imam Zayd ibn `Ali de désavouer Abu Bakr et `Umar. Il a refusé de le
faire, et certains ont rejeté sa décision et l'ont abandonné, devenant de ce fait connus sous le nom de Rawafid, ce qui signifie : ceux qui rejettent. Ceux qui sont restés avec lui ont été
connus sous le nom de Zaydites, et ils ne font techniquement pas partie des Rawafid. Les extrémistes ne sont pas musulmans.
Les Zaydites, les Imamites et les Extrémistes se sont divisés en plusieurs
sous-groupes, chacun accusant l'autre de kufr. Les Zaydites se sont divisés en trois groupes : les Jarudiyya, les Sulaymaniyya et les Butriyya. Ils se sont tous accordés sur l'imamat de
l'Imam Zayd ibn `Ali ibn al-Husayn quand il s'est révolté du temps de Hisham ibn `Abdul-Malik. Ce sont les Shi`a les plus proches des Ahlus-Sunna ; ils maintiennent simplement que `Ali
était celui qui avait le plus de droits au Califat, mais ils ne prétendent pas qu'il ait été nommé explicitement comme Calife par le prophète (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix),
et par conséquent ils acceptent les Califats d'Abu Bakr, de `Umar et de `Uthman.
Le Kaysaniyya se sont divisés en deux groupes : l'un d'eux a déclaré que Muhammad ibn Hanafiyya, un des fils de `Ali, était encore vivant et qu'il était le Mahdi ; l'autre groupe a dit
qu'il était mort et qu'il avait transmis l'imamat à un autre.
Les Imamites et les Extrémistes se divisent en
quinze groupes, parmi lesquels on trouve les Ja`fariyya/Ithna `Ashariyya (Duodécimains) et les Isma`iliyya. Les Extrémistes ont attribué la divinité à leurs imams, ont permis toutes sortes
de choses haram ; en bref, ils ont rejeté les obligations de la shari`a.
Les Murji'a
Les Murji`a sont ceux qui ont dit que les péchés ne causaient aucun détriment
à quelqu'un qui avait la foi. La secte la plus extrême d'entre eux croyait que quiconque disait « la ilaha illallah » était garanti d'entrer au Paradis, même si il ne croyait pas en ce
qu'il dit. Certains d'entre eux ont également nié le destin, et sont donc considérés comme une secte des Qadariyya ; tandis que d'autres ont penché pour l'opinion de Jahm ibn Safwan que les
êtres humains sont sous la contrainte, et ces derniers sont donc considérés comme une secte des Jahmites. D'autres ne partageaient la croyance d’aucun autre groupe, et ces sectes étaient au
nombre de cinq.
Les
Mujassima
Les Mujassima sont les corporéistes ou anthropomorphistes ; ceux qui ont
pris le sens littéral des mots mentionnés dans les versets et ahadith allégoriques, et qui ont ainsi comparé Allah à Sa création, Lui attribuant un corps, un visage, des membres, un
endroit, une direction, etc. Certains d'entre eux ont essayé de professer la Transcendance en disant qu'Allah est « un corps mais pas comme les corps (créés) », alors que d'autres ont
commis un kufr flagrant, représentant leur Seigneur sous forme humaine.
Le Groupe
Sauvé
Quant au soixante-treizième groupe, qui est le groupe sauvé et
victorieux, il s'agit de Ahlus-Sunna wal-Jama`a. Ce groupe comprend les Ashab ar-Ra'y (les gens de l’opinion, tels que le Hanafites) et les Ashab al-Hadith (les gens du Hadith, tels que
les Shafi`ites). Ils s'accordent tous sur l'unicité du Créateur, Sa justice, Sa sagesse, Ses noms et Ses attributs. Ils croient :
-
Que l'univers est créé.
-
Que Allah est unique et éternel.
-
Que Allah sera vu dans l'Au-delà, sans spécification,
direction ou ressemblance avec la création.
-
Que Muhammad (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) est
le dernier Prophète, et qu'il a été envoyé à toute l'humanité.
-
Que le Qur'an et la Sunna authentique sont les principales
sources de la shari`a.
-
Que la Ka`ba est la qibla.
-
Que l'interrogatoire dans la tombe est
vrai.
-
Que la Résurrection, l'Etang (Hawd) et la Balance sont tous
vrais.
Ce groupe inclut les célèbres Imams, Abu Hanifa, Malik, ash-Shafi`i,
Ahmad, al-Awza`i, Sufyan ath-Thawri, Dawud az-Zahiri et leurs compagnons.
Les Asha`ira et les
Maturidiyya
Le Ash`arisme est une école de pensée qui tire son nom de l'Imam
Abul-Hasan Ash`ari. Certains Ash`arites ont eu recours à l'interprétation de certains des attributs allégoriques, initialement afin d'éradiquer les vagues d'anthropomorphisme qui
faisaient rage en leur temps. Ils ont basé ces interprétations sur la conformité à la langue arabe et le contexte des versets. Ils ont laissé à Allah toute chose dont l'interprétation ne
leur apparaissait pas suffisamment claire (telle que la vision d'Allah pour les croyants dans l'au-delà). En outre, il convient de noter que les Ash`arites n'ont pas tous eu recours à
l'interprétation. Il est important de faire une distinction entre les Ash`arites, d'une part, et les Jahmiyya et les Mu`tazila d'autre part. Beaucoup de grands savants d'Ahlus-Sunna
étaient Ash`arites, par exemple le Qadi Abu Bakr al-Baqillani, l'Imam Yahya ibn Sharaf an-Nawawi, l'Imam Ibn Hajar al-`Asqalani, etc. En fait, la plupart de Malikites et des Shafi`ites,
ainsi qu’une partie des Hanafites et des Hanbalites, étaient Ash`arites dans la doctrine.
Les Hanafites ont été en majeure partie Maturidites, l'attribution
venant de l'Imam Abu Mansur al-Maturidi, un important savant sunnite qui, comme al-Ash`ari, a entrepris de formaliser la doctrine islamique. Contrairement à al-Ash`ari, l’Imam al-Maturidi
était Hanafite dans la jurisprudence et a par conséquent été davantage influencé par l'héritage doctrinal de l'Imam Abu Hanifa. Les différences entre les Ash`arites et les Maturidites
sont minimes, se limitant à une douzaine points environ, dont beaucoup sont simplement des différences de terminologie. Ces deux groupes constituent Ahlus-Sunna
wal-Jama`a.
Wa salamou alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh