Vendredi 18 juin 2010
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Bismillâh ar-Rahmân ar-Rahîm
Au nom d'Allâh le Tout-Miséricordieux le Très-Miséricordieux
La décision de
retourner à Médine :
En arrivant à La Mecque, Fâtima
souhaita revoir la maison où elle était née et avait grandi, maison aussi de son époux
‘Alî
car c’est là où, lui aussi, avait grandi. Après leur émigration, elle était
devenue celle d’Uqayl Ibn Abî Tâlib. Aussi, se demanda-t-elle quelle serait la maison que son père leur choisirait à La Mecque.
Les Ansârs aussi se posaient la même question : Est-ce que L’Envoyé
d’Allâh – que la prière et le salut soient sur lui – allait les quitter et séjourner définitivement dans sa ville natale ? Ils pensaient qu’il
allait s’installer définitivement dans la ville où il vécut avec sa première épouse as-sayyida Khadîja
. La grande joie, qui s’empara de lui en revoyant sa patrie après une si longue absence, leur fit croire qu’il ne retournerait point à Médine . L’un d’eux fit cette
remarque :
Par Allâh ! L’Envoyé d’Allâh – que la prière et le salut soient sur lui – a retrouvé son peuple !
Le poète de l’Islâm Hassan Ibn Thâbit al-Ansârî écrivit même un poème où il reprochait au Messager
d’Allâh – que la prière et le salut soient sur lui – d’accorder sa préférence aux Qurayshs, qui l’avaient chassé de sa
patrie, plutôt qu’aux Ansâr qui l’avaient accueilli.
Fâtima
entendit tous les murmures des Ansârs. Le contenu du poème parvint aussi à ses oreilles. Elle s’imaginait que le choix serait difficile
mais elle était, aussi, assurée, que son père trouverait, sans tarder, une issue à ce problème. En effet, l’ Envoyé d’Allâh – que la prière et le salut soient
sur lui -, qui était informé du déroulement des événements, ne tarda pas à demander de faire rassembler les Ansâr. Il leur tint ce discours après avoir
distribué un butin de guerre essentiellement aux Qurayshites, ce qui souleva le mécontentement des Médinois :
Ô assemblée des
Ansâr !
Vos propos me sont
parvenus !
Comment avez-vous pensé de moi ce qui est dans vos
cœurs ?
Ne suis-je pas venu à vous alors que vous étiez égarés et
qu’Allâh vous a guidés ?
N’étiez-vous pas pauvres et Allâh vous a enrichis ?
N’étiez-vous pas ennemis les uns aux autres et Allâh a réuni vos cœurs ?
Vous êtes en droit de me dire : Tu es venu à nous
alors que ton peuple te traitait de menteur tandis que nous, nous avons cru en toi. Tu es venu défait et nous t’avons
secouru !
Tu as été chassé de chez toi et nous t’avons donné
refuge ! …
Ô assemblée des Ansâr !
Ne voulez-vous pas que des gens partent avec
du bétail et des chameaux au moment où vous, vous retournerez chez vous en compagnie de l’Envoyé d’Allâh ?
Par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans
Sa main, si ce n’était l’émigration, j’aurais été un homme des Ansâr. Allâh ! Accorde Ta miséricorde aux Ansâr, aux fils des Ansâr et aux fils des fils des
Ansâr.
Ce discours fit pleurer les Ansâr ainsi que les habitants de La Mecque.
Ainsi, l’Envoyé d’Allâh – que la prière et le salut soient sur lui – a choisit la demeure de l’émigration. Il ne restait plus à Fâtima
qu’à faire ses adieux à la maison de son enfance et visiter une dernière fois la tombe
de sa mère, avant de s’engager, avec son père, sur la route de Médine. Elle n’y séjourna que deux mois et quelques jours.
Arrivée à Médine, elle passa encore deux mois de bonheur auprès de son père dont l’affection, pour
elle, son mari et ses enfants, n’avait faibli à aucun moment. Pendant cette période, elle avait repris des forces. Elle s’occupait davantage de l’éducation de ses enfants, laissant les travaux de
la maison à une servante que ‘Alî
, enrichi quelque peu par le produit du butin de la
conquête de La Mecque, avait mis à sa disposition.